Riz – d‘épi et de glume
Le riz (en lémusien, diri) compte parmi les aliments de base de Santa Lemusa et il accompagne de nombreux plats comme complément rassasiant. Mais la gastronomie de l'île est aussi célèbre pour ses plats en casserole à base de riz. A la différence du reste des Caraïbes, où l'on ne cultive et ne cuisine normalement que le riz à long grain, Santa Lemusa produit des sortes de riz très différentes. La plupart de ces riz sont cultivés dans une plaine assez petite au sud de l'île. Plus au nord, on trouve des rizières en terrasses isolées, et le lawouyé rouge pousse surtout près de la côte. L'île compte environ douze paysans spécialisés dans la production du riz. Comme le climat est idéal pour le riz, beaucoup de sortes peuvent être récoltées de deux à trois fois par an.
Rituels et traditions
Divers rituels et traditions sont liés au riz à Santa Lemusa. A Sentores et dans quelques villages du sud de l'île, par exemple, une fête du riz a lieu chaque année le 11 janvier: la fête dite du Mudivari. Au centre de la fête se tient Mudivari – une divinité locale dont il faut probablement chercher l'origine dans les légendes hindoues. A l'approche du 11 janvier, de nombreuses familles préparent des effigies de Mudivari en riz bouilli, peintes en couleurs bigarrées. Le jour de la fête, la tradition veut que les gens se rendent visite réciproquement et prononcent de petites prières devant les effigies de Mudivari. Peu avant le crépuscule, on les amène à la rivière ou à la mer, et on les confie délicatement aux flots. Elles se dissolvent alors peu à peu dans l'eau. Lors de la fête de Mudivari, les gens offrent traditionnellement à leurs visiteurs une petite coupe de chagribo – un mélange de flocons de riz (kratí), sucre de canne, grains d'anis, flocons de noix de coco, grains de raisin, sésame, etc.–, préparée dans chaque famille selon sa propre recette. Le Chagribo est censé symboliser la vie, et il est par conséquent doux mais aussi un peu amer.
Une autre tradition liée au riz a malheureusement presque complètement disparu. Ce qu'on appelait coudiri (course du riz) n'est plus pratiqué depuis les années 1970.
[Traduit par Claude Almansi avec le soutien d'Attitudes]
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